Jeudi 17 septembre 2009

Le Roi de la Pop, Michael Jackson, tire sa révérence le jeudi 25 juin 2009 à 14h26, heure de Los Angeles.

Vendredi 26 Juin 2009, 21h00, heure de Paris, le groupe Indochine foule les planches de l’Olympia, pour un prélude au Meteor Tour. Malgré une ambiance de tous les diables, difficile de ne pas se sentir ailleurs, comme soufflé par le destin tragique de l’idole de plusieurs générations. Presque distant, on essaie néanmoins d’embrasser la folie qui s’empare de la salle mythique (même si l’on se souvient avec gravité que les Jackson 5 et le petit Michael alors âgé de 14 ans, investirent ce lieu magique en 1972). Le roi n’est plus et laisse derrière lui des millions de fans orphelins.

Sur scène, le grand rideau noir fait froid dans le dos, alors que résonne les premières notes d’Electrastar. Le titre en hommage au frère de Nicola Sirkis résonne différemment ce soir. (J'aurais pourtant tant aimé nous protéger, Te voir tomber au combat moi je n'oublie pas, Le temps s'est arrêté et tout a continué, Et ca fait mal… je voudrai te revoir…Briller d’electrastar…) L’écriture de Mr Sirkis parle une nouvelle fois aux sentiments et arrache l’émotion. Heureusement Marilyn et ses guitares acérées sèchent bien vite les larmes et nous font entrer de plein pied dans un concert à l’intensité qui ne faiblira qu’à quelques rares occasions. Nico est déjà au plus près des fidèles, sur l’avancée de scène.

 

« Comment je fais pour m’endormir sans toi… ? »

 

Sur cette première date exceptionnelle, Indochine flirte avec les trente titres joués sur près de deux heure trente d’un show marathon. Les fans qui ont bataillé pour obtenir le précieux sésame vers le rêve éveillé sont dans un état second. Le sol tremble sous les assauts des troupes indochinoises. Comme pour conjurer le sort, on entre corps et âme dans un live sans concession. Little Dolls, premier single extrait de l’extraordinaire République des Météors agit comme un anabolisant. « Est-ce qu'on s'aimera encore longtemps, quand on sera vieux ou bien morts ? » La fosse est en lévitation. Rarement une communion n’aura été si belle entre un public et son auditoire.
Des titres sont réarrangés et donnent de nouveaux frissons. Le Manoir, s’aménage une intro lancinante et un break electro pour une ambiance encore plus magique. « Et tu verras qu'il nous faudra partir, avant qu'on nous détruise… » Ce soir,  l’écriture de Sir Sirkis touche en plein cœur. Même la vieille J’ai demandé à la lune, revenue de toutes les guerres apporte son lot de frissons.
La lettre de metal et son final enlevé avec Boris aux tambours mettent l’Olympia à genoux. Logiquement, Un ange à ma table malmène le champ de bataille. Impossible de ne pas succomber. Le charme de Suzanne Combo finit de séduire sur cette prestation à l’énergie débordante.

 

« Je pense et je prie tous les jours pour toi. »

« Je revois, et nos nuits et nos joies
Je revois notre vie… »

 

Alice and June ne calme pas le conflit intérieur. « Mais c’est qu'ici il n'y a plus de place
Pour qu’elle puisse grandir d'avantage… »
Les corps se disloquent, le rythme cardiaque s’accélère. Mélange de sueur et d’abandon, l’atmosphère est poisseuse. La set list pioche dans une discographie record et le groupe n’a que l’embarras du choix pour faire passer à trépas son public ! C’est Popstitute qui vient planter ses crocs dans des nuques ruisselantes.

« Juste envie d'essayer un tour au paradis, We want to be alive… »

S’en suit alors un medley fourbe et imparable. On exhume le Canary Bay qui chasse un Spin Me Round totalement réapproprié. Les Tsars mettent l’Olympia en surchauffe avant que Salinger ne revienne hanter Paris. C’est finalement Adora et Mao Boy qui mettent un terme à ces instants de bonheur total, loin des chagrins et peines. Plus tard, c’est Kao Bang qui surprend son monde. Peut-être la dernière fois que ce vieux tube sera interprété selon Nico. L’aventurier, lui, reste de tous les concerts et de tous les plaisirs. Comme pour voir si le public en a encore sous le pieds, l’introduction se fait sournoise avant la déflagration salvatrice. Nul besoin de décrire la furie qui règne, toute maîtresse, dans la salle.

Le dernier rappel, apparemment non prévu souffle l’assistance. Nicola entame seul Tom et Jerry, au piano. Les lumières se rallument. Le fantôme de Johnny Cash s’insinue en fond sonore et enfonce alors les derniers clous, à vif, sur une reprise poignante de Hurt.

 

 

« Tiens, comme un rien
Je reviens d'assez loin
Pour te voir, pour être bien
Chaque endroit me pousse vers toi

Tiens, comme un chien
Je croise ton chemin
Dans le creux de tes seins
Tu es mon maître, mon malsain

Tiens, comme une main
Qui glisse vers un lien
Qui vont de mes doigts
Oui, vers toi
Un endroit qui me pousse vers toi
Voilà… »

(Tom et Jerry)

 

Noesis.

 

 

Par Noesis - Publié dans : Live Reports
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Jeudi 17 septembre 2009

Placebo honore la Grand’ Place d’Arras pour la seconde fois. L’union est encore belle et sans heurt. Fort d’un album en tout point réussi, le groupe marque le Main Square par une prestation détonante.
Même si trop courte (festival oblige), la set list se permet de jouissifs va et vient entre un passé glorieux et une ère nouvelle. D’anciens titres s’imbriquent sans sourciller (Follow The Cops Back Home, Special Needs), d’autres se refont une jeunesse (The Bitter End, encore plus explosive, Taste In Men et son final revisité). Le concert est incroyablement vivant et ne sera jamais plombé par le pathos passé. Brian semble incroyablement fier de cette formation et présente chaque musicien. Stefan, « la reine de Suède » fait vrombir l’assistance de sa basse lourde, tandis que Steve se voit déjà adopté tant les commentaires sont élogieux sur son jeu de batterie classieux et nerveux. Il existe déjà et ne semble pas vampirisé par les membres fondateurs de Placebo.
Battle For The Sun mériterait presque un concert à lui seul. Mais impossible de bouder son plaisir quand résonnent des faits de gloire aussi efficaces que Special K ou Song To Say Goodbye. Le violon donne une aura particulière au live. Encore cet aspect vivant, ce renouveau (la dernière ligne droite de The Bitter End est juste fulgurante).

C’est alors sur les rotules que le public lâche un Placebo uni qui reprend plaisir et qui le rend au centuple.

 

Noesis.

Par Noesis - Publié dans : Live Reports
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Jeudi 17 septembre 2009

Ils reviennent de loin. Après l’éclipse qui a brûlé la rétine de bon nombre de fans (le départ du batteur Steeve, très apprécié), le coeur se met en branle de nouveau et Placebo revient avec un album enflammé. Le groupe qui n’est plus trio semble bien parti pour aggraver le réchauffement climatique de la planète rock.
La flamme est rallumée et la combustion est instantanée.

Kitty Litter rayonne en ouverture d’album. « I need a change », la refonte de la musique éblouit. Tout en conservant ses aspects punchy, Placebo se réinvente un univers étincelant. Brian et sa troupe rayonnent comme rarement sous des cordes électrisantes (le violon fait une apparition remarquable). Battle For The Sun (qui reprend le phrasé de Pure Morning) instaure une montée fulgurante qui ferait passer Muse pour des amuseurs de foire. Placebo revêt son plus bel habit de lumière, sort d’une dépression qui parfois plombait, et fait le grand ménage. Une révolution payante. Le brasier est tel qu’on sort épuisé de l’écoute, assommé par la chaleur des cuivres (Kings Of Medicine, si éloigné du Placebo d’antan !), ruisselant de contentement face à ce jour nouveau.

La prise de risque est totale. Placebo s’expose, et assume totalement cette nouvelle orientation musicale (Bright Lights et ses claviers). Bourré de tubes rock ou pop rock (la limite est trop lumineuse), Battle For The Sun éradique les vieux démons et fonce tête baissée (les accélérations de The Never Ending Why). Le violon brûlera la peau des amoureux de la power pop des anglais, les refrains complètement givrés (Breathe Underwater : « I’m coming up for air ! ») donneront des sueurs froides aux plus sceptiques, et finalement Placebo assènera comme à son habitude le coup fatal sur scène ! Flamboyant !

 

Noesis.

Par Noesis - Publié dans : Chroniques
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Jeudi 17 septembre 2009

En Angleterre, Marmaduke « Duke » est l’homme d’un canular légendaire. Il est, avec son fils Ian, celui par qui le monstre du Loch Ness sortit des eaux… Simon Neil et JP Reid nous referaient-ils le coup de l’imposture ?

Pas si sûr.

Duke Pandemonium est le nouvel essai de Marmaduke Duke, deuxième partie d'une trilogie musicale qui a commencé avec The Magnificent Duke (2005). Brumeux, mais pas fumeux, artistes et pas fumistes, les deux cousins savent brouiller les pistes. Les « gentlemen royaux » font de la musique comme personne. Improbable hybride de Prince et de la diva disco Donna Summer, l’album sent la sueur. Sensuel (Erotic Robotic), minimaliste (Heartburn) mais surtout audacieux, Duke Pandemonium se permet les expérimentations les plus rocambolesques. Le véritable I Doser planant, c’est ici qu’il faut le chercher !
D’aucun diront que c’est du chiqué. Pourtant, la seule écoute du titre Pandemonium remet les pendules à l’heure écossaise. Les comparses poussent le vice jusqu’à donner le grand frisson. Sept minutes et seize secondes essentielles, euphorisantes. La pièce maîtresse d’un manifeste hédoniste et déviant. Rock, electro, house, nu pop, calypso : difficile de prendre l’album à défaut question plaisir d’écoute.

La prochaine étape de cette incroyable trilogie, en passe de devenir culte : The Death of The Duke qu’on nous promet déjà « sombre, sombre, sombre…et sombre ».

 

 

Noesis.

Par Noesis - Publié dans : Chroniques
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Jeudi 17 septembre 2009

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Annoncée dans le fracas des sirènes, des discours enflammés et du rugissement, La République des Meteors a de quoi réveiller notre dormeur du Val.

Difficile de ne pas partir une nouvelle fois au combat et d’y laisser nos appréhensions sombrer en charpie. Le soldat fonce tête baissée au travers des nouvelles lignes indochinoises. Insidieuses.

Retour vers une campagne forte et brûlante.

 

Abdiquons d’entrée. La République des Meteors est une incroyable réussite. L’abattage de morceaux taillés à la baïonnette impressionne. L’album restera gravé comme la plus grosse boucherie sonore d’un groupe toujours conquérant. Le pacte de non agression est brisé dès les premières notes de Go Rimbaud, Go. Une emprise maladive s’abat sur l’auditeur, impuissant. La main sur sa poitrine, deux trous rouges au côté droit, il avance, titube sur la dépouille d’un Nicola Sirkis, adolescent mort au combat. Nature, berce-le chaudement : il a froid, « les rafales ont déchiré ses vêtements »…

Le chanteur use encore d’un langage imagé, une poésie des maux qui peut dérouter. La production est étouffante, Un Ange A Ma Table et sa batterie martiale ne laissent aucun répit. Taillé pour les tranchées du Live, l’album fera l’effet d’une bombe en fosse. Les corps se disloqueront sur les pleurs saturés du Dernier Jour, et se balanceront façon boîte à musique sur Junior Song.

Véritable monstre de cohérence, La République des Meteors effraie presque. Magma d’influences digérées (NIN en tête, ne jouons pas les estropiés), l’album bouillonne et déborde d’énergie (le machiavélique L World, une balle en plein cœur). Oli De Sat, l’alchimiste fabuleux, fait frissonner l’univers indochinois de nouveaux parfums enivrants (ukulélé, glockenspiel, piano jouets, fanfare, etc.).

Indochine prend à nouveau son destin en main. Totalement affranchies des bonnes règles à respecter au combat, les troupes manoeuvrent à contre sens et déclenchent l’assaut là où personne ne les attendait.

 

Noesis.

Par Noesis - Publié dans : Chroniques
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Jeudi 17 septembre 2009

Pousser la porte du Jamel Comedy Club, c’est un peu comme retrouver une vieille bande de potes. On reconnaît les anciens, on fait connaissance avec les petits nouveaux et on sait que la soirée sera placée sous le signe de la convivialité. Ce 07 Juin, le maître de cérémonie accueille ses convives dans la chaleureuse salle Vauban. Un public bigarré. La mixité est toujours de mise et c’est de cette émulation que naîtra une ambiance de franche camaraderie. Un peu comme à la maison, ça tchatche et ça vanne au gré des intervenants de la troupe. Près de deux heures durant se succéderont tranches de vies réelles ou imaginées. Pas de réelle star, tous à la même enseigne, les artistes se succèdent et ne se ressemblent pas. Véritable bouillon de culture comique, le Jamel Comedy Club peut se targuer d’être devenu une institution. Difficile de donner un fil conducteur à ce spectacle, tant les univers visités sont nombreux. Pourtant, rien ne choque (sauf Blanche, qui en une seule phrase retourne la salle !) et une nouvelle fois c’est le mélange des genres qui donnera toute sa force au spectacle. Quelques tendres moments également : le petit Jeff qui monte sur scène avec Jamel, et Wahid gros nounours décidemment très attachant.

Les interludes chantés marquent, notamment le slam de Fabrice Eboué et son incroyable duo avec Amelle. De même, la seule apparition de Blanche reprenant I Like To Move It au mélodica dépouille le public !

Le show se termine par quelques prises vidéos pour les besoins du docu fiction : Inside Jamel Comedy Club. Le public Lillois y aura une place de choix ! Il sort alors si repu de la salle qu’il en oubliera de pester contre la pluie qui le cueille après une avalanche de fous rires !

« Are you ready… Everybody ! »

 

Noesis.

 

Par Noesis - Publié dans : Live Reports
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Jeudi 17 septembre 2009

Korn à Maubeuge, c’est un peu Katrina qui s’invite en région. Mais Korn à La Luna, c’est aussi une prod’ américaine avec des exigences farfelues. En vrac : les photographes amenés gentiment vers la sortie après les trois premiers morceaux sans flash, et une équipe locale organisatrice qui n’est pas conviée à apprécier le spectacle.

Même si de spectacle il ne sera pas vraiment question ce soir. Un groupe en mode automatique pour une prestation bancale, mais fichtrement puissante. Difficile d’en être autrement avec les parpaings que s’amusent à balancer Jon et sa bande dans les enceintes ! Le mur du son est allègrement explosé ce Jeudi et le seuil de tolérance n’est pas loin.

Alors que Darkness Dynamite monte sur scène, Korn reçoit quelques privilégiés membres du fan club à l’extérieur pour une séance de dédicaces et de photos, quinze minutes montre en main. Sympa mais payant… La prestation des parisiens impressionne et ne manque pas de toucher Jonathan qui réclamera plus tard une salve d’applaudissement pour cet incroyable opening act.

Korn à Maubeuge donc… Après avoir bataillé pour rester en salle et déposer le matériel en consigne, on se dit que ça envoie sévère sur les planches, mais qu’il manque un peu d’âme à ce concert. C’est parfois même presque distant qu’on regarde cette grosse machinerie déverser son néo metal, la conviction en moins. La pression retombe souvent entre les morceaux, une boucle électro meuble les allées et venues de Jon reprenant un peu d’oxygène avant de repartir au turbin. Le headbanging se fait plus rare. Qu’importe la fosse rattrape cette carence et c’est un bloc compact qui part à l’assaut de chaque titre. Visiblement le groupe apprécie et se fend même de quelques apartés avec l’audience toute acquise. Une véritable bouffée de chaleur que cette communion entre les deux camps !

Fieldy, qui a définitivement la classe du parfait branleur, pose avec sa basse sur le côté gauche et gonfle quelques bulles de chewing gum, tout en martelant sa cinq cordes. Munky, troisième rescapé du groupe originel fait le job, mais semble davantage sur la défensive.
Malgré ces réserves, c’est tout de même Korn qu’on a en face de soi, dans une mise en scène old school (juste un étendard Korn). A Maubeuge. Et dans une salle à dimension humaine ! Il serait malhonnête de faire la fine bouche. Une opportunité pareille ne se représentera pas de sitôt. Et c’est donc le sourire aux lèvres qu’on voit une marée humaine se soulever sur le « are you ready » de Blind, et qu’on s’amuse à voir qu’un furieux réussit l’exploit de monter sur scène. Avant de se faire chasser par la sécurité musclée… Après le traditionnel Got The Life et une heure et demie de set, une petite surprise : Another Brick In The Wall, jouée tambour battant avec une Luna encore désireuse d’en découdre.
Finalement, Korn fait toujours son effet et impressionne. Même en petite forme, le groupe rafle tout. C’est sur une grande braderie du médiator organisée par Fieldy et Munky que s’achève cette soirée mémorable avant tout pour son caractère improbable ! 

 

Noesis.

 

Par Noesis - Publié dans : Live Reports
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