Le Roi de la Pop, Michael Jackson, tire sa révérence le jeudi 25 juin 2009 à 14h26, heure de Los Angeles.
Vendredi 26 Juin 2009, 21h00, heure de Paris, le groupe Indochine foule les planches de l’Olympia, pour un prélude au Meteor Tour. Malgré une ambiance de tous les diables, difficile de ne pas se
sentir ailleurs, comme soufflé par le destin tragique de l’idole de plusieurs générations. Presque distant, on essaie néanmoins d’embrasser la folie qui s’empare de la salle mythique (même si
l’on se souvient avec gravité que les Jackson 5 et le petit Michael alors âgé de 14 ans, investirent ce lieu magique en 1972). Le roi n’est plus et laisse derrière lui des millions de fans
orphelins.
Sur scène, le grand rideau noir fait froid dans le dos, alors que résonne les premières notes d’Electrastar. Le titre en hommage au frère de Nicola Sirkis résonne différemment ce soir.
(J'aurais pourtant tant aimé nous protéger, Te voir tomber au combat moi je n'oublie pas, Le temps s'est arrêté et tout a continué, Et ca fait mal… je voudrai te revoir…Briller
d’electrastar…) L’écriture de Mr Sirkis parle une nouvelle fois aux sentiments et arrache l’émotion. Heureusement Marilyn et ses guitares acérées sèchent bien vite les larmes et nous
font entrer de plein pied dans un concert à l’intensité qui ne faiblira qu’à quelques rares occasions. Nico est déjà au plus près des fidèles, sur l’avancée de scène.
« Comment je fais pour m’endormir sans toi… ? »
Sur cette première date exceptionnelle, Indochine flirte avec les trente titres joués sur près de deux heure trente d’un show marathon. Les fans qui ont bataillé pour obtenir le précieux sésame
vers le rêve éveillé sont dans un état second. Le sol tremble sous les assauts des troupes indochinoises. Comme pour conjurer le sort, on entre corps et âme dans un live sans concession.
Little Dolls, premier single extrait de l’extraordinaire République des Météors agit comme un anabolisant. « Est-ce qu'on s'aimera
encore longtemps, quand on sera vieux ou bien morts ? » La fosse est en lévitation. Rarement une communion n’aura été si belle entre un public et son auditoire.
Des titres sont réarrangés et donnent de nouveaux frissons. Le Manoir, s’aménage une intro lancinante et un break electro pour une ambiance encore plus magique. « Et tu verras
qu'il nous faudra partir, avant qu'on nous détruise… » Ce soir, l’écriture de Sir Sirkis touche en plein cœur. Même la vieille J’ai demandé à la lune, revenue
de toutes les guerres apporte son lot de frissons.
La lettre de metal et son final enlevé avec Boris aux tambours mettent l’Olympia à genoux. Logiquement, Un ange à ma table malmène le champ de bataille. Impossible de ne pas
succomber. Le charme de Suzanne Combo finit de séduire sur cette prestation à l’énergie débordante.
« Je pense et je prie tous les jours pour toi. »
« Je revois, et nos nuits et nos joies
Je revois notre vie… »
Alice and June ne calme pas le conflit intérieur. « Mais c’est qu'ici il n'y a plus de place
Pour qu’elle puisse grandir d'avantage… » Les corps se disloquent, le rythme cardiaque s’accélère. Mélange de sueur et d’abandon, l’atmosphère est poisseuse. La set list pioche dans une
discographie record et le groupe n’a que l’embarras du choix pour faire passer à trépas son public ! C’est Popstitute qui vient planter ses crocs dans des nuques ruisselantes.
« Juste envie d'essayer un tour au paradis, We want to be alive… »
S’en suit alors un medley fourbe et imparable. On exhume le Canary Bay qui chasse un Spin Me Round totalement réapproprié. Les Tsars mettent l’Olympia en surchauffe avant que Salinger ne revienne hanter Paris. C’est finalement Adora et Mao Boy qui mettent un terme à ces instants de bonheur total, loin des chagrins et peines. Plus tard, c’est Kao Bang qui surprend son monde. Peut-être la dernière fois que ce vieux tube sera interprété selon Nico. L’aventurier, lui, reste de tous les concerts et de tous les plaisirs. Comme pour voir si le public en a encore sous le pieds, l’introduction se fait sournoise avant la déflagration salvatrice. Nul besoin de décrire la furie qui règne, toute maîtresse, dans la salle.
Le dernier rappel, apparemment non prévu souffle l’assistance. Nicola entame seul Tom et Jerry, au piano. Les lumières se rallument. Le fantôme de Johnny Cash s’insinue en fond sonore et enfonce alors les derniers clous, à vif, sur une reprise poignante de Hurt.
« Tiens, comme un rien
Je reviens d'assez loin
Pour te voir, pour être bien
Chaque endroit me pousse vers toi
Tiens, comme un chien
Je croise ton chemin
Dans le creux de tes seins
Tu es mon maître, mon malsain
Tiens, comme une main
Qui glisse vers un lien
Qui vont de mes doigts
Oui, vers toi
Un endroit qui me pousse vers toi
Voilà… »
(Tom et Jerry)
Noesis.
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